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J’ai lu Faut-il manger les animaux ? par Jonathan Safran Foer: mon avis

J’ai lu Faut-il manger les animaux ? par Jonathan Safran Foer: mon avis

Bonjour,

Ayé je me remets enfin à lire, et je viens aujourd’hui vous parler du livre Faut-il manger les animaux écrit par Jonathan Safran Foer (ou Eating Animals dans son titre original).

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Faut-il manger les animaux ?

De quoi ça parle ?

Bon pas de spoiler puisque le titre pose directement la question « Faut-il manger les animaux ? » mais il aborde cette question sous un angle très précis en enquêtant sur les pratiques d’élevage et en particulier industriel. J’avais entendu beaucoup de bien de ce livre lors de sa sortie (en 2012 déjà !), certains le citant comme l’un des livres références pro-végétarisme.

L’écrivain a choisi d’ouvrir le récit sur ses réflexions personnelles et son enfance à manger de la viande, sur la différence de traitement entre les animaux de compagnies et ceux d’élevage et va même à « faire » le plaidoyer pour manger du chien dans le but de soulever les contradictions de la société et inciter le lecteur à remettre en question ses convictions affectives à l’égard des différents « types » d’animaux.

Au fur et à mesure du livre, Jonathan Safran Foer doit faire à ses doutes face à l’industrie de la viande et se confronter à la réalité d’une « vie de bête ». De là, l’auteur a commencé à effectuer des recherches notamment sur les méthodes d’élevage en rencontrant plusieurs agriculteurs et personnels travaillent dans des abattoirs. Le livre évoque les différentes manières d’élever les animaux, même si l’essentiel du livre se focalise sur l’élevage industriel car ce dernier représente la grande majorité forme d’agriculture actuelle (>90%), une autre partie est consacrée aux élevages plus traditionnels en rencontrant notamment des propriétaires de ranch aux Etats-Unis.

J’ai aimé

J’ai beaucoup apprécier que le livre ne se focalise pas seulement sur la viande mais aussi sur le cas du poisson. Souvent oublié, le végétarisme est parfois même associé au fait de ne pas manger de la viande…mais du poisson si.

Même si le livre ne se veut pas pro-végétarien, preuve en est, l’auteur semble avoir beaucoup hésité au cours de sa vie entre le régime VG et omni; il reste relativement objectif et assez chiffré. J’ai été étonnée par l’anecdote concernant la pêche, je n’imaginais pas qu’autant d’espèces étaient tuées en tant que « dommages collatéraux ». En effet, les chalutiers pêchent de plus en plus profondément et ramassent dans leurs filets de nombreuses espèces non désirées qui deviennent au fil des années menacées de disparaitre. L’exemple le plus percutant est sûrement celui-ci « pour 500 grammes de crevettes, 13 kilos d’autres animaux marins ont été tués et rejetés à la mer » en Indonésie. TREIZE KILOS !!

Ce qui m’a frappé est aussi les nombreux récits de Foer pour retranscrire ce qu’il a vu dans les abattoirs, c’est assez édifiant (et dégoûtant il faut le dire). Et le fait de parler des maladies des animaux, pendant leur vie du fait de leur mauvais traitements physiques et psychologiques mais aussi après leur mort où des tas de carcasses sont contaminées…et que nous mangeons ensuite délibérément.

Je n’ai pas aimé

Critique 1

Je reproche néanmoins quelques petites choses à ce bouquin. Déjà soyez prévenu, Jonathan Safran Foer est Américain et je trouve le livre très (trop) américano-centré. On est en droit de se demander si la réglementation est la même en Europe, si les pratiques sont également les mêmes ici ? etc…

Critique 2

Deuxième point négatif: le titre ! Je trouve le titre en partie erronée, certes l’écrivain se pose réellement la question de savoir s’il faut manger des animaux…mais j’ajouterais plutôt « … des animaux d’élevage ». J’ai eu parfois le sentiment qu’il s’agissait là de la question principale: est-ce plus éthique de manger de la viande industrielle (où les animaux n’ont probablement jamais vu la lumière du jour) ou de la viande d’animaux ayant gambadé dans les prés ?

Critique 3

Troisième point négatif: le récit à la première personne. En soi, je ne suis pas contre le fait d’écrire sous le « je », mais parfois je n’ai pas saisi l’intérêt de la chose. Notamment au début du récit, où il évoque ses souvenirs d’enfance, ses traditions familiales, je ne vois pas en quoi cela fait avancer le débat. Beaucoup de gens végétariens mangeaient de la viande plus jeune (voire même une grande majorité), j’aurais davantage compris la démarche si lui-même était un ancien personnel d’abattoir. Bref, j’ai trouvé le passage un peu longuet (mais je ne vous rassure, en réalité ce n’était vraiment que peu de pages).

Critique 4

Enfin dernière critique: encore un reproche fait au décalage entre le titre et le contenu du livre. Selon moi, pour savoir s’il « faut » manger des animaux, cela ne se limite pas à savoir si les animaux ont étés élevés en bonne santé, en plein air, heureux, sans douleur, etc. De mon point de vue, le fait de devenir ou pas végétarien (titre implicite du livre au final) implique une connaissance globale de l’industrie carnée: son impact sur les questions sociétales, environnementales, éthiques, santé, philosophiques pour ne citer qu’elles.

Mon avis

En conclusion, j’ai bien aimé ce livre même si pour moi le titre est mal choisi. Il y a un  vrai travail d’enquête, c’est certain, mais souvent à l’échelle américaine. En bref, je vous recommande ce livre mais ce n’est clairement pas mon préféré sur le sujet (promis d’autres viendront très vite sur le blog).

Si vous voulez en savoir plus, vous trouverez ici une courte interview en français pour les Inrocks.

Bonne journée,

Anna



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